Le travail dominical selon Baiona 2020

Le travail dominical selon Baiona 2020

Lors du conseil municipal du 13 décembre 2018, la majorité municipale a présenté pour la 4ième année consécutive une délibération relative à l’ouverture des commerces de détail le dimanche. Jean-claude IRIART y a rappelé la position de Baiona 2020

Nous restons  sans surprise,  opposés à cette délibération.

La question qui nous est posée ce soir,  n’est pas de savoir si nous sommes pour ou contre le travail du dimanche en toute circonstance. Ce dernier est une réalité pour plus de 5 millions de français qui travaillent déjà au moins un dimanche par mois. Le travail du dimanche est même incontournable pour de nombreux services publics, liés aux soins, aux secours  ou à la sécurité par exemple… ou pour des activités commerciales telle que la restauration. Et ce pour le bien-être de tous ! Le débat de ce soir est aussi l’occasion de le rappeler et de saluer les agents publics et tous les employeurs et salariés, qui font face à cette responsabilité.

Le travail du dimanche est déjà une réalité car le droit au repos dominical pour tous les salariés, inscrit dans la loi depuis un siècle, a fait l’objet au fil du temps de multiples dérogations : des dérogations permanentes pour la restauration ou le commerce détail alimentaire par exemple, des dérogations conventionnelles via des accords de branche ou des accords d’entreprise, des dérogations accordées par le préfet  comme dans le cas de certaines zones touristiques, et pour finir  les dérogations accordées par le Maire limitées à 5 jours par an, jusqu’à cette fameuse loi du 6 août  2015 dite loi Macron, qui a élargi cette possibilité à 12 dimanches par an.

Avec les autres  mesures contenues dans cette loi, cette dernière  a eu donc  pour effet d’élargir encore le champ des dérogations. Au fil du temps, les dérogations ne font que se développer et de plus en plus de personnes se trouvent  exposées à la perte progressive de ce droit au repos dominical. Et pourtant les raisons qui ont amené  le législateur de 1906 à instaurer ce droit dans l’intérêt des salariés sont toujours d’actualité : N’aspirons nous pas tous, salariés ou employeurs, à ce jour où l’activité s’arrête, pour tous en même temps, pour voir sa famille, ses amis, se consacrer aux loisirs, à la culture, aux activités sportives, associatives… Si certains métiers ne peuvent échapper à ce coût social, est-il pour autant nécessaire  de l’élargir à d’autres ? Si les possibilités de travailler le dimanche restent pour beaucoup soumises au volontariat des salariés, qui peut objectivement contester   que pour de plus en plus d’étudiants, de travailleurs pauvres, de salariés en contrats précaires…ce choix reste bien relatif ?  Les multiples dérogations existantes ne suffisent-elles pas à assouvir déjà largement nos besoins de consommateurs ?

Les réponses sont pour nous contenues dans les questions, vous l’aurez compris. C’est pourquoi nous pensons que les communes ne devraient pas se saisir de cette possibilité offerte par la loi de rajouter 7 dimanches travaillés dans le calendrier des activités commerciales. Elles n’y sont pas tenues et beaucoup s’en dispensent en restant dans le cadre des 5 jours précédemment autorisés.

Je ne peux m’empêcher de terminer sans faire référence à l’argument avancé par les promoteurs de la loi concernant l’impact recherché sur le chiffre d’affaire et l’emploi. Cet argument largement controversé par ailleurs, ne peut s’entendre que si le pouvoir d’achat des ménages augmente au même rythme que l’élargissement des possibilités de consommation. Le mouvement social qui secoue la France depuis plusieurs semaines nous montre que pour une partie importante de nos concitoyens, la capacité à consommer n’est pas  au rendez-vous, ni les jours de la semaine, ni le dimanche ! Plus d’ouvertures dominicales dans les commerces n’y changera rien, malheureusement pour eux et pour les commerçants !