Le travail dominical selon nous

Le travail dominical selon nous

Lors du conseil municipal du 13 décembre 2018, la majorité municipale a présenté pour la 4ième année consécutive une délibération relative à l’ouverture des commerces de détail le dimanche. Jean-claude IRIART y a rappelé sa position.

Nous restons  sans
surprise,  opposés à cette délibération.

La question qui nous est posée ce soir,  n’est pas de savoir si nous sommes pour ou
contre le travail du dimanche en toute circonstance. Ce dernier est une réalité
pour plus de 5 millions de français
qui travaillent déjà au moins un dimanche par mois. Le travail du dimanche est
même incontournable pour de nombreux services publics, liés aux soins, aux
secours  ou à la sécurité par exemple… ou
pour des activités commerciales telle que la restauration. Et ce pour le
bien-être de tous ! Le débat de ce soir est aussi l’occasion de le
rappeler et de saluer les agents publics et tous les employeurs et salariés,
qui font face à cette responsabilité.

Le travail du dimanche est déjà une réalité car le droit au
repos dominical pour tous les salariés, inscrit dans la loi depuis un siècle, a
fait l’objet au fil du temps de
multiples dérogations
 : des dérogations
permanentes
pour la restauration ou le commerce détail alimentaire par
exemple, des dérogations conventionnelles
via des accords de branche ou des accords d’entreprise, des dérogations accordées par le préfet  comme dans le cas de certaines zones
touristiques, et pour finir  les dérogations accordées par le Maire limitées
à 5 jours par an, jusqu’à cette fameuse loi du 6 août  2015 dite loi Macron, qui a élargi cette
possibilité à 12 dimanches par an.

Avec les autres 
mesures contenues dans cette loi, cette dernière  a eu donc 
pour effet d’élargir encore le champ des dérogations. Au fil du temps,
les dérogations ne font que se développer et de plus en plus de personnes se
trouvent  exposées à la perte progressive
de ce droit au repos dominical. Et pourtant les raisons qui ont amené  le législateur de 1906 à instaurer ce droit
dans l’intérêt des salariés sont toujours d’actualité : N’aspirons nous
pas tous, salariés ou employeurs, à ce jour où l’activité s’arrête, pour tous
en même temps, pour voir sa famille, ses amis, se consacrer aux loisirs, à la
culture, aux activités sportives, associatives… Si certains métiers ne peuvent
échapper à ce coût social, est-il pour autant nécessaire  de l’élargir à d’autres ? Si les
possibilités de travailler le dimanche restent pour beaucoup soumises au
volontariat des salariés, qui peut objectivement contester   que pour de plus en plus d’étudiants, de
travailleurs pauvres, de salariés en contrats précaires…ce choix reste bien
relatif ?  Les multiples dérogations
existantes ne suffisent-elles pas à assouvir déjà largement nos besoins de
consommateurs ?

Les réponses sont pour nous contenues dans les questions,
vous l’aurez compris. C’est pourquoi nous pensons que les communes ne devraient
pas se saisir de cette possibilité offerte par la loi de rajouter 7 dimanches
travaillés dans le calendrier des activités commerciales. Elles n’y sont pas
tenues et beaucoup s’en dispensent en restant dans le cadre des 5 jours
précédemment autorisés.

Je ne peux m’empêcher de terminer sans faire référence à
l’argument avancé par les promoteurs de la loi concernant l’impact recherché
sur le chiffre d’affaire et l’emploi. Cet argument largement controversé par
ailleurs, ne peut s’entendre que si le pouvoir d’achat des ménages augmente au
même rythme que l’élargissement des possibilités de consommation. Le mouvement
social qui secoue la France depuis plusieurs semaines nous montre que pour une
partie importante de nos concitoyens, la capacité à consommer n’est pas  au rendez-vous, ni les jours de la semaine,
ni le dimanche ! Plus d’ouvertures dominicales dans les commerces n’y
changera rien, malheureusement pour eux et pour les commerçants !